Actes des IIIe Journées de pédagogie et de didactique 17 et 18 Décembre 2003
 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 


   Sommaire des communications en ligne:

   -Avant-propos
   -Document introductif
  
-Le cours magistral. Intérêts et inconvénients. Boudjellel N., Ramdane C. (Annaba)
   -La 1ère année de biologie à l’université: comment enseigner? Gernigon T., Grim F. (Alger)  
   -Formation didactique et pédagogique des universitaires. Boussafsaf B. (Constantine)
   -Qu’en  est-il de la communication  orale dans l’enseignement  médical? Kenniche  A. et coll (Annaba)
   -Le bureau de la pédagogie médicale: Prérequis et mise en place.
Bachtarzi T., Gueroui S. (Annaba)
   -Pour un enseignement du français centré sur l’étudiant en science médicale. Bouchema B., Hadj Moussa A. (Annaba)
   -Evaluation institutionnelle des facultés de médecine: Un préalable au développement de la formation médicale. Mehdioui  H. (Constantine)
   -Problématique de l’enseignement en 3ème année de médecine: cas de la sémiologie. Boumaza Z., Benali R., Khalloufi F., Charkaski H.H. (Annaba)
   -Sondage pour l’évaluation du cours magistral en chirurgie dentaire. Doudache E., Nouioua F., Yaiche M. (Annaba)
   -Technologies éducatives pour les pratiques pédagogiques: Application à l’apprentissage de la dermatologie.
Laskri M.T. (Annaba)
   -Utilisation de la plate-forme « GANECHA » pour l’enseignement à distance sur le web. Boussafsaf B. (Constantine)
   -Evidence-base 5 -médecine et évidence –base 5- radiology.
Mammeri N. (Annaba)
   -Introduction sur les échecs scolaires.
Kharroubi S. (Annaba)
   -Les échecs au cours des différents cycles d’enseignement: Bilan général de la Faculté de Médecine d'Annaba. Atik A. (Annaba)

   -Echecs en pharmacie: analyses et commentaires. Ouelaa H. (Annaba)
   -Bilan des échecs annuels des étudiants de chirurgie dentaire d'Annaba (de 1990 à 1998). Nouioua F., Doudache E., Yaiche M. (Annaba)
   -Point de vue des étudiants en médecine sur leurs enseignements.
Belloum A., Mosbah A., Chouakria A. (Etudiants Club Ibn Ennafis)
   -Pour une formation centrée sur l’apprenant. Otmane.S
et coll (Etudiants Club Ibn Ennafis)
  
-Comment le comité pédagogique de la 6eme année de médecine gère les problèmes d'enseignements? Kaious F., Aichouche B., Titi A. et coll
   -Difficultés rencontrées par le jeune praticien inhérentes à l’absence de méthode psychopédagogique dans l’enseignement médical.
Mouddène  A., Belloum A., Mosbah A. (Etudiants Club Ibn Ennafis)
  
 

Avant-propos
Professeur DANOUNE Abdelmalek
Président du congrès

 C’est la troisième bougie que nous allons allumer aujourd’hui en l’honneur de la pédagogie et de la didactique en sciences médicales à annaba. Il faut veiller à ce que la quatrième illumine plus le chemin que nous nous sommes tracés: celui où l’apprenant sera au centre de débats . L’intérêt à la pédagogie est manifestement présent dans notre communauté universitaire et hospitalo-universitaire et de manière très forte. Les personnes ressources ne manquent pas. D’ailleurs , l’engouement pour communiquer a surpris plus d'un membre du comité d'organisation de ces journées. Ils viennent de la plupart des villes universitaire du pays, Alger, Oran, Constantine, Sétif, Bejaia….

Ils sont motivés, efficaces et prêts à participer à la rénovation pédagogique des facultés ainsi qu’aux opérations concrètes telle que la formation au niveau I et II sous l’édige de la CIDMEF. Nous leur souhaitons la bienvenue et les félicitations de leur ténacités

L’étudiant aussi n’est pas du reste dans les journées, il est invité à coté de ses maîtres pour communiquer, enrichir et débattre afin que nos recommandations de fin de congrès atteignent les objectifs tracés par notre faculté. Il est vrai que le recentrage de la formation sur l’étudiant est un principe acquis mais pas toujours mis en application. Mager soulignait déjà cela :" L’étudiant est la resource la moins explorée de l’arsenal pédagogique" .

Les thèmes de ce congrès sont représentés par :
       1- un thème central : qui est le cours magistral
       2- des thèmes accessoires: intéressant la définition des objectifs pédagogiques, la docimologie, les techniques d’enseignement et les  NTIC.
       3- un atelier débat dans lequel nous allons nous pencher sur un sujet délicat représenté par les échecs au cours des différents cycles. Nous essaierons d’apprécier les chiffres, comprendre les raisons et proposer des solutionnements.
Les recommandations de cette table ronde feront l’objet d’un document de synthèse qui sera soumis à la tutelle.

Deux directeurs centraux du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique ont tenu à être présents, Mr HAOUCHINE directeur des enseignements et de la formation et Mme BENCHABANE directrice de la post-graduation et de la recherche scientifique. Nous avons aussi l’honneur et le plaisir d’accueillir lors de ses journées le président du comité d’évaluation des sciences médicales, Professeur ISSAD. Aussi nous somme très fières et heureux de les accueillir à annaba.

Mr le professeur LAHLAIDI connu de nos étudiants pour ses ouvrages d’anatomie et médaille d’or de l’Académie Française de Médecine pour sont ouvrage ANATOMIE TOPOGRAPHIQUE a bien voulu faire le déplacement de rabat malgré ses occupations.

Au nom du comité d’organisation, je vous remercie tous d’être dans cette salle et maintenant car ce sont là les premiers pas d’un grand Maghreb de la pédagogie avec un soutient particulier de nos amis du nord de la méditerranée.

Lu xun disait "on ne peut pas dire que l’espoir existe ou n’existe pas. L’espoir c’est comme ces chemins sur la terre, à l’origine il n’y avait pas de chemin, mais là où les gens passent sans cesse, un chemin naît."

Pour terminer, nous dédions ces troisièmes journées à la mémoire de notre collège et ami, feu Mohamed BELHAFFEF.

 

Document introductif
Docteur KHAROUBI Smail
Vice-Président du congrès

 LA PEDAGOGIE : LE MOT ET L’ESPRIT

Pédagogie : du grec paidagôgia, signifie science de l’éducation et l’instrumentation ou méthode d’enseignement, une autre définition décrit la pédagogie comme science de l’éducation des enfants.
Le mot éducation (Lat: educatio); action de développer les facultés intellectuelles et morales:
C’est le substratum de base. Il s’agit donc de l’ensemble des méthodes, procédés et techniques de présentation utilisés pour la transmission du message éducatif et scientifique.

Malcom KNOWELS introduisait en 1958 le concept « d’andragogie » pour la formation qui adresse aux adultes(1). Certains suggèrent même l’utilisation du concept « d’andragogie universitaire » ou « andragogie médicale » au lieu de pédagogie universitaire ou pédagogie médicale.

L’UNESCO définie l’andragogie comme étant « la science et l’art de la formation des adultes » (2). De façon plus globale d’endragogie correspond à la science et l’art d’aider les étudiants dans leur apprentissage ainsi que l’étude de la théorie et de la pratique de l’éducation de l’adultes.

Laissons de coté ce jeu de mots et ces développements, intéressants sans doute, à caractère nosologique et académique et linguistique pour parcourir quelque strates de cet imposant édifice: la pédagogie.

J’ai toujours pensé, et je le pense encore, que la pédagogie ou cette manière de faire d’un enseignant est quelque chose de spécifique et propre a tout un chacun : comme son identité civile, ses particularités physiques ou psycho émotionnelles.

C’est cette capacité innée qui rend la transmission du message éducatif et scientifique très simple et assimilable dans sa totalité par tel enseignant et pas par un autre,.Cette façon de faire, parfois entourée d’une passion et d’un pouvoir admiratif, rend la relation enseignant-apprenant particulière caractérisée par une focalisation et une assimilation totale des différents messages pédagogiques.

Elle peut même influencer des projets de spécialisation voir des plans de carrière : l’apprenant, sous l’effet de l’aura dominatrice de l’enseignant opte pour sa spécialité.

La réalité de nos jours est autre. En effet avec les effort de la persévérance de ces ‘magiciens de la transmission de savoir’ et de tous les autres (forts de leur expériences) est né ce concept de pédagogie comme science appliquée avec ses méthodes, ses techniques, ses moyens de transfert du savoir; du savoir-faire et du savoir-faire-faire.

Ainsi avec l’institutionnalisation de la pédagogie médicale comme une discipline et une science à part entière, on assure le transfert de ces connaissances, de ce message éducatif et scientifique dans des conditions plus au moins standards, homogènes et reproductibles.

On amène de la sorte l’apprenant à raisonner et à manager les différentes situations selon une logique de progression: les objectifs, les moyens, la méthode, le contrôle de la procédure, les résultats et la lecture critique.
 

Plaidoyer pour une formation spécialisée:
la formation des formateurs

Il  est tout à fait clair qu’il est important pour ne pas dire décisif et capital que les formateurs et les intervenants auprès des adultes (andragogie) en situation d’apprentissage se familiarisent avec les méthodes pédagogiques. Ces méthodes andragogiques ne doivent pas se limiter au simple fait de « communiquer le savoir ».

Enseigner, pour un formateur ou un universitaire, c’est faire apprendre en apprenant. Cela correspond « à jouer » un monologue entre son rôle de formateur, de conférencier, de détenteur d’une technicité ou d’un capital science et le statut d’un apprenant, qu’il a connu par le passé, avec ses aptitudes et ses limites.

L’enseignant ou le formateur doit s’efforcer de graver un massage éducatif simple, assimilable et rentable comme capital intellectuel et comportemental.

Il est temps que nos institutions : universités, facultés s’impliquent dans se projet. Une attention particulière, souvent négligée voir absente, doit être accordée à l’enseignant en renouvelant « son énergie de transmission du savoir » par une mise à niveau périodique incluant les acquisitions scientifiques récentes, les nouvelle technologie d’information et de communication et surtout lui apprendre à réfléchir, travailler, informer et former en parfaite adéquation et symbiose avec la société dans la quelle il évolue avec toutes ses implications socio-économiques et culturelles.

En effet le bout de la pratique scientifique étant; en plus de la satisfaction de la curiosité de l’homme, le développement et le bien être de la société.

Il est sans doute intéressant et bénéfique de profiter de l’expérience d’autrui dans ce domaine. Plusieurs structures, organismes ou institutions ont déjà fait ce premier pas.
Nous gagnerons à les consulter.

La CIDMEF est un exemple parmi d’autres. Cette institution pourra parrainer un projet de formation des formateurs au niveau de notre faculté en y apportant son savoir faire et surtout en supervisant cette démarche sous forme d’atelier de formation en pédagogie de niveau 1 pour l’ensemble des enseignants, une sorte de mise à niveau sue le plan de la méthode d’enseignement et de transmission du savoir.

Les plus intéressés par la pratique pédagogique pourront passer à des niveaux supérieurs (niveaux 2 et 3).Cette démarche permettra de rattraper notre retard par rapport à nos voisins maghrébins ou africains.

Les IIIèmes journées de pédagogie médicale et de didactique en sciences  médicales de la faculté de médecine d’Annaba se veulent porte-parole et ardant défenseurs de cette stratégie.

Nous espérons vivement avec la contribution de tous aboutir à la réalisation de ce projet.
La graine étant semée : à nous de l’entretenir et à suivre et soutenir sa germination.